<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" ><generator uri="https://jekyllrb.com/" version="4.2.2">Jekyll</generator><link href="/feed.xml" rel="self" type="application/atom+xml" /><link href="/" rel="alternate" type="text/html" /><updated>2023-09-24T21:47:15+09:00</updated><id>/feed.xml</id><title type="html">Imikumarg</title><subtitle>Un blog sur la culture amazigh du Maroc, la langue tassoussit et le tifinagh.</subtitle><author><name>GitHub User</name><email>your-email@domain.com</email></author><entry><title type="html">Le couscous et le raisin blanc : épisode 2</title><link href="/conte/2023/07/25/le-couscous-et-le-raisin-blanc-partie-2.html" rel="alternate" type="text/html" title="Le couscous et le raisin blanc : épisode 2" /><published>2023-07-25T00:00:00+09:00</published><updated>2023-07-25T00:00:00+09:00</updated><id>/conte/2023/07/25/le-couscous-et-le-raisin-blanc-partie-2</id><content type="html" xml:base="/conte/2023/07/25/le-couscous-et-le-raisin-blanc-partie-2.html"><![CDATA[<!-- more -->
<p>C’est seulement vers midi que le pélerin démuni sortit du poulailler et les deux mâles s’y retrouvèrent devant.<!-- endmore --> Dans un élan d’amabilité, lors des salutations d’usage, le malfaiteur demanda si le chemin avait été long. Le pélerin lui donna alors le motif de son voyage. Cet échange eut lieu sur le ton flegmatique ancestral des gens du cru.</p>

<p>Le malfaiteur invita ensuite son hôte à partager son repas, et lui servit un plat de 99 grains de couscous. Lorsqu’il eurent mangé, il déclara solennellement :</p>
<ul>
  <li>Quand tu rencontreras le messager de Dieu, demande-lui pour moi, s’il te plaît, quelle sera ma place en Enfer. Car j’ai commis 99 crimes à ce jour.</li>
</ul>

<p>Le pélerin hocha la tête en souriant, accepta de satisfaire cette requête, et prit congé.</p>

<p>Sa route traversa une multitude de villages de la vallée d’Ameln. Il fut à chaque fois accueilli selon la loi de l’hospitalité qui règne dans ces contrées depuis les temps immémoriaux.</p>

<p>La dernière nuit avant l’ascension de la montagne de l’Est, il fut réveillé en sursaut, son corps secoué de long en large, par une onde spasmodique. Trempé de sueur, il plasmodia des versets sacrés et se rendormit. Il avait rêvé qu’un lion le dévorait. A cette époque le félin appelé “le lion de l’Atlas” peuplait les pentes escarpées d’où il capturait aiément sa pitance. Depuis cette époque spécifique, il a été décimé par la main de l’homme.</p>

<p>Afin d’atteindre le sommet dans un état de purification et en adéquation avec sa spiritualité, le pélerin décida de jêuner. Il partit aprés la prière du matin, dont l’heure se repère soit au premier chant du coq, soit à l’étoile du sud, appelée “Amanar”. Le rocher qu’il escalada était une roche de granit rose, gris par endroit, qui abritait une grande variété d’animaux plus ou moins dangereux: l’écureuil brun “Anzid”, le mouflon “Udad”, le scorpion(jaune ou gris) “Ighirdm”, la hyène “Ifis”, le hérisson “Ansi”, le porc-épic “Tarucht”, la gazelle “Aznkwd”, des serpents”Ilgwmadn”,…</p>

<p>Toute cette faune plus ou moins connue de lui défila devant son regard attentif et prudent, durant cette longue journée d’escalade presque ininterrompue.</p>

<p>Son soulagement fut immense, lorsqu’au coucher du soleil, il atteignit, sain et sauf, la masure d’ermite où il souhaitait passer la nuit. Il savoura le spectacle inédit du soleil rougeoyant dans un ciel limpide, et huma avec ravissement la pureté de l’air frais. Poussant la porte de la baraque, il fut surpris de découvrir, au centre de la pièce unique, assis à une table ronde, un homme âgé, avec une barbe blanche, au visage frippé, comme si chaque ride allait raconter une histoire vécue.</p>

<p>Sans manifester de surprise, le sage lui fit signe de prendre place à ses côtés et commença un rituel de recueillement. Instinctivement, le pélerin reproduisit son geste de mains réunies ouvertes en offrande. Ils récitèrent des paroles qui rendaient grâce à la bonté de Dieu. Sous les yeux émerveillés du démuni, une grappe de raisin et un morceau de pain se matérialisèrent et descendirent dans ses mains. Il reçut du raisin noir et du pain de blé. Le sage reçut du raisin blanc et du pain d’orge. C’était la nourriture que Dieu accordait à cet homme pieux, trois fois par jour, en récompense  de sa grande sa piété depuis de nombreuses années.</p>

<p>Le pieux, éprouvant le désir de varier son menu, échangea sa part avec celle de son voisin. Chacun ayant dégusté en silence ses mets inespérés, ils devisèrent en attendant la prière du soir. L’un s’enquit des nouvelles de la vallée, l’autre d’enseignement divin. Le pélerin se sentait profondément imprégné de la spiritualité du lieu. Il passa une nuit paisible  et reposante.</p>

<p>Au matin, il connaissait exactement la direction à prendre, ressentant qu’une vision de son chemin lui avait été donnée. Au moment de se séparer de l’homme pieux, celui-ci murmura humblement :</p>
<ul>
  <li>Quand tu rencontreras le messager de Dieu, demande-lui pour moi, s’il te plaît, quelle sera ma place au Paradis.</li>
</ul>

<p><em>Fin du second épisode.</em></p>]]></content><author><name>GitHub User</name><email>your-email@domain.com</email></author><category term="conte" /><summary type="html"><![CDATA[C’est seulement vers midi que le pélerin démuni sortit du poulailler et les deux mâles s’y retrouvèrent devant. Dans un élan d’amabilité, lors des salutations d’usage, le malfaiteur demanda si le chemin avait été long. Le pélerin lui donna alors le motif de son voyage. Cet échange eut lieu sur le ton flegmatique ancestral des gens du cru.]]></summary></entry><entry><title type="html">Le couscous et le raisin blanc : épisode 1</title><link href="/conte/2023/06/29/le-couscous-et-le-raisin-blanc-partie-1.html" rel="alternate" type="text/html" title="Le couscous et le raisin blanc : épisode 1" /><published>2023-06-29T00:00:00+09:00</published><updated>2023-06-29T00:00:00+09:00</updated><id>/conte/2023/06/29/le-couscous-et-le-raisin-blanc-partie-1</id><content type="html" xml:base="/conte/2023/06/29/le-couscous-et-le-raisin-blanc-partie-1.html"><![CDATA[<!-- more -->
<p>Il était une fois, il y a très longtemps, deux frères. Ils habitaient dans un même hameau. Seulement l’un d’eux était nanti et l’autre démuni.<!-- endmore --></p>

<p>Le nanti faisait vivre aisément sa famille, ses enfants arboraient de belles tenues pendant les fêtes.
Le démuni peinait à faire vivre les siens.</p>

<div class="text-center">
  <img alt="L'un d'eux était nanti, l'autre démuni." src="/illustrations/le-couscous-et-le-raisin-blanc-1.png" style="max-width: 500px;" />
  </div>

<p>Une année particulièrement difficile(invasion de criquets) poussa ce dernier à se mettre sur le chemin de la quête de Dieu, afin de s’enquérir sur le sort qui lui est réservé sur Terre et demander sa part des biens qui lui reviennent dans le monde d’ici-bas. Ainsi, laissant les siens se nourrir des insectes ravageurs, il décida de prendre la direction de la grande montagne nommée “Adrar n’Lkst”(la montagne de l’Est, en Tamazight).</p>

<p>Encore de nos jours subsiste, au sommet de ce mont, une ruine où vivait jadis un ermite. C’est au-delà de ce sommet que le démuni espérait voir ses questions trouver écoute bienveillante.</p>

<p>Son bâton de pélerin en main, ses maigres victuailles dans un sac de fortune(quelques vieilles dattes, de la farine d’orge pilée et une outre en peau de brebis que sa femme lui a remplie d’eau), il partit à l’aurore.
Il marcha toute la matinée sous un soleil de plomb.</p>

<p>Au zénith, il fit une petite halte sous un rocher en forme de caverne que les anciens du cru nommaient “Ifri y’imkharn”(la grotte des voleurs). Là, il se sustenta en préparant la collation traditionnelle: mouiller un peu de farine d’orge avec de l’eau, et constituer dans le creux de la main une boulette que les aïeuls appelaient “Toummit”.</p>

<p>Il reprit son chemin. Au coucher du soleil, il aperçut une masure en pise dissimulée derrière la végétation à l’écart d’un sentier. Il s’en approcha et toqua trois fois, par habitude des anciens. Quelques temps après, la porte s’entre-ouvrit doucement et derrière celle-ci une voix de femme demanda:</p>

<ul>
  <li>“Matta ghwan a’Rbi ?”(qui est là au nom de Dieu ?)</li>
</ul>

<p>L’homme rédondit:</p>
<ul>
  <li>“Nik a’Rbi, dif’llah”(C’est moi, je demande votre hospitalité).</li>
</ul>

<p>Il parla de son long chemin de marche et dit qu’il était épuisé. La femme sortit sa main et lui indiqua le poulailler, sans mot dire. Au petit jour, le mari rentra en claquant la porte. Sa femme, réveillée en sursaut, accourut.</p>

<p>L’homme grogna:</p>
<ul>
  <li>“J’ai vu des pas arriver à notre maison, qu’en est-t-il ?”</li>
</ul>

<div class="text-center">
  <img alt="L'homme grogna." src="/illustrations/le-couscous-et-le-raisin-blanc-2.png" style="max-width: 500px;" />
  </div>

<p>La femme supplia:</p>
<ul>
  <li>“S’il te plait, c’est un voyageur qui a demandé notre hospitalié. Je lui ai indiqué le poulailler pour se reposer. Je te supplie de l’épargner, puisqu’il est notre hôte.”</li>
</ul>

<p>Le mari était connu pour être un bandit sans âme ni loi, qui détroussait et tuait ses victimes, là où il les rencontrait. Le hors la loi exprima sa rage, élevant ses mains en un geste désordonné.</p>

<p><em>Fin du premier épisode.</em></p>]]></content><author><name>GitHub User</name><email>your-email@domain.com</email></author><category term="conte" /><summary type="html"><![CDATA[Il était une fois, il y a très longtemps, deux frères. Ils habitaient dans un même hameau. Seulement l’un d’eux était nanti et l’autre démuni.]]></summary></entry></feed>